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Stratégie d'alimentation et reproduction des vaches laitières

L’ensemble des performances de reproduction se sont dégradées au cours des 30 dernières années, et ce dans de nombreux systèmes laitiers. La littérature concernant les relations entre niveau d’alimentation et reproduction et/ou productivité laitière et reproduction, est le plus souvent centrée sur une seule étape du processus reproductif (reprise de cyclicité ou mortalité embryonnaire…) et les résultats obtenus sont parfois discordants. L'amélioration de la compréhension des effets respectifs de la production laitière et de la gestion des réserves corporelles sur l'ensemble des étapes du processus reproductif doit permettre aux physiologistes d'améliorer les connaissances des mécanismes sous-jacents et aux zootechniciens d'optimiser les stratégies d'élevage en fonction des objectifs du système de production.

Cette vache de race Normande ruminant illustre les relations pâturage et bien-être animal.. © Inra, PEYRAUD Jean-Louis
Par Sylvie André
Mis à jour le 11/06/2013
Publié le 16/04/2013

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L’objectif de cette étude était d’évaluer la reproduction de vaches laitières conduites en vêlages groupés d’hiver, soumises à deux stratégies d’alimentation, pour les deux races Holstein (laitière) et Normande (double aptitude, lait et viande). L’étude des étapes successives du processus reproductif (cyclicité, chaleurs, fertilité),  réalisée au domaine INRA du Pin-au-Haras, a été permise par la combinaison d’un dosage tri-hebdomadaire de la progestérone dans le lait, d’un suivi des chaleurs et de diagnostics de gestation. Trois années consécutives, les conséquences d’un niveau d’apport alimentaire Haut ou Bas ont été évaluées sur l’ensemble des étapes et sur 72 vaches (36 Holstein et 36 Normandes) chaque année. Le lot Haut a reçu une ration complète composée de 55 % d’ensilage de maïs, 15 % de luzerne déshydratée, 30 % de concentré en période hivernale et 4 kg de concentré durant la période de pâturage. Le lot Bas a été nourri sans concentré : 50 % d’ensilage d’herbe et 50 % de mi-fané en hiver, puis de l’herbe pâturée seule.

 Le lot Bas a produit moins de lait sur 44 semaines mais a plus maigri après vêlage que le lot Haut (5207 vs 7457 kg, -1,28 vs -0,96 de point d’état d’engraissement). Les Normandes ont produit moins de lait et moins maigri que les Holstein. Le régime alimentaire n’a pas eu d’effet significatif sur la cyclicité, mais des effets notables sur les chaleurs dans les deux races et sur la fertilité en race Holstein. Dans le lot Bas, les ovulations ont été mieux détectées (74 vs 59 %). En race Holstein, suite aux 1ère et 2e inséminations, les non-fécondations ou mortalités embryonnaires précoces ont été bien plus fréquentes dans le lot Bas que dans le lot Haut (52 vs 27 %), mais les mortalités embryonnaires tardives ont été plus fréquentes dans le lot Haut (30 vs 9 %). En fin de campagne, le taux de vaches gestantes n’a donc pas différé entre les deux stratégies alimentaires. Plus de Normandes ont été gestantes en fin de campagne (72 vs 54 %), cette race ayant présenté moins d’anomalies de cyclicité et moins de mortalités embryonnaires tardives. Pour cette seule race, les vaches ont été gestantes plus rapidement dans le lot Bas que dans le lot Haut, du fait d’ovulations mieux détectées.

 Une même stratégie d’alimentation peut avoir des effets bénéfiques à certaines étapes du cycle de reproduction et des effets négatifs à d’autres ; ces effets peuvent être marqués pour une race et sans réel impact pour une autre. Ce dispositif expérimental a permis de dissocier les effets respectifs et d'obtenir des lois de réponse aux variables de production laitières et de dynamique des réserves corporelles pour les étapes successives du processus reproductif. Les équations issues de ces résultats permettent de modéliser les performances de reproduction du troupeau en fonction de la production et de l'amaigrissement et donc d’améliorer la cohérence entre les stratégies d'alimentation et de productivité laitière et les objectifs de reproduction en élevage laitier.

Remerciements à l'ensemble du personnel du domaine INRA du Pin-au-Haras

 Pour plus d’informations, veuillez contacter :
 

C. DISENHAUS

INRA- UMR PEGASE

35590 St-Gilles

Tel : 02 23 48 53 75

Fax :  02 23 48 51 01

e-mail : Catherine.Disenhaus@agrocampus-ouest.fr

 

SOURCE:  Cutullic, E., Delaby L., Gallard, Y., Disenhaus C., 2011, Dairy cows’ reproductive response to feeding level differs according to the reproductive stage and the breed, Animal, 5, 731-740.