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Les relations entre composition des rations et performances des monogastriques diffèrent selon les espèces

Les régimes alimentaires pour les monogastriques contiennent de plus en plus de matières premières riches en fibres, en substitution partielle des céréales. Des huiles peuvent également être ajoutées pour compenser la baisse de la valeur en énergie métabolisable. Les réponses face à ce changement dans l’origine de l’énergie alimentaire sont très différentes chez le porc et le poulet de chair.

Aliment porc riche en lipides (80g/kg) et fibres et aliment pauvre en lipides (20g/kg) et fibres. © Inra, .
Mis à jour le 22/08/2016
Publié le 13/07/2016

Nouvelles matières premières et flexibilité métabolique individuelle

La quantité et la répartition des tissus adipeux dans l’organisme rendent compte de l’efficience de la production et contribuent à  la robustesse des animaux. Le métabolisme lipidique des différents organes s’adapte à la nature des nutriments fournis par la ration alimentaire, ce qui détermine in fine l’adiposité corporelle globale. Les régimes destinés aux monogastriques sont formulés à moindre coût et peuvent inclure une grande variété de matières premières. Actuellement, les céréales riches en glucides (amidon) sont partiellement remplacées par des matières premières moins conventionnelles, riches en fibres mais plus pauvres en énergie. Pour rétablir la valeur en énergie métabolisable à un niveau compatible avec les performances attendues, des huiles végétales sont incorporées. Définir les réponses adaptatives (croissance, adiposité) des animaux à ces régimes en identifiant les voies métaboliques impliquées et leurs facteurs de régulation permet d’affiner les recommandations nutritionnelles selon les objectifs de production et de qualité des carcasses et des viandes.
Les effets de régimes iso-énergétiques et iso-protéiques, soit riches en lipides (80 g/kg) et fibres soit correspondant au standard actuel (riches en céréales mais pauvres en lipides (20 g/kg) et fibres), ont été comparés chez le porc en croissance et le poulet de chair.

Le porc est plus sensible que le poulet aux changements de composition de la ration

Chez le porc, la vitesse de croissance et l’adiposité corporelle sont réduites avec un régime riche en fibres et en lipides, comparativement à un régime plus classique riche en amidon dérivé des céréales. On observe corrélativement une répression des métabolismes glucidique et lipidique dans les tissus adipeux ; des effets de ce régime sur des marqueurs de l’immunité et l’inflammation sont également mis en évidence.

En revanche, chez le poulet, un régime riche en fibres et en lipides n’altère pas les performances de croissance et n'entraine pas de différence de quantité de lipides tissulaires quels que soient les régimes distribués, ceci en dépit d’une différence importante dans leur teneur en matières grasses. Le foie joue un rôle clé dans cette adaptation, avec notamment une répression de la lipogenèse et de la synthèse du glycogène et une activation des voies oxydatives avec le régime riche en fibres et en lipides.

Dans le sang des deux espèces, les quantités d’ARN messagers de différents gènes, et notamment du gène CPT1A, un acteur clé du métabolisme lipidique, sont modulées par le régime reçu. La voie est ouverte vers l’identification d’autres biomarqueurs sanguins des phénotypes animaux.  

La nutrigénomique au service des recommandations nutritionnelles

L'approche de nutrigénomique* a permis d’identifier des acteurs moléculaires de l’adaptation aux régimes alimentaires. La variété des réponses métaboliques aux régimes montre qu’il faut prendre en compte un panel de caractères relatifs aux fonctions productives mais aussi non-productives (immunité, inflammation ou stress oxydant) dans les recommandations destinées aux filières avicoles et porcines.

 

*La nutrigénomique étudie la façon dont les gènes et les nutriments interagissent, et la raison pour laquelle les individus réagissent différemment aux nutriments en fonction des variations génétiques.
Les nutriments contribuent à l’activation ou au contraire à l’inhibition de l’expression d’un ou de plusieurs gènes dans différents tissus.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

Département(s) associé(s) :
Physiologie animale et systèmes d’élevage
Centre(s) associé(s) :
Bretagne-Normandie, Val de Loire

Références

Gondret F, Louveau I, Mourot J, Duclos MJ, Lagarrigue S, Gilbert H, van Milgen J. Dietary energy sources affect the partition of body lipids and the hierarchy of energy metabolic pathways in growing pigs differing in feed efficiency. J. Anim. Sci. 2014; 92: 4865-77.

Baéza E, Gondret F, Chartrin P, Le Bihan-Duval E, Berri C, Gabriel I, Narcy A, Lessire M, Métayer-Coustard S, Collin A, Jégou M, Lagarrigue S, Duclos MJ. The ability of genetically lean or fat slow-growing chickens to synthesize and store lipids is not altered by the dietary energy source. Animal. 2015; 9: 1643-52.

Jégou M, Gondret F, Lalande-Martin J, Tea I, Baéza E, Louveau I. NMR-based metabolomics highlights differences in plasma metabolites in pigs exhibiting diet-induced differences in adiposity. Eur. J. Nutr. 2015 May 22.

Meslin C, Desert C, Callebaut I, Djari A, Klopp C, Pitel F, Leroux S, Martin P, Froment P, Guilbert E, Gondret F, Lagarrigue S, Monget P. Genome Biol. Evol. 2015; 7: 1332-48.

Baéza E, Jégou M, Gondret F, Lalande-Martin J, Tea I, Le Bihan-Duval E, Berri C, Collin A, Métayer-Coustard S, Louveau I, Lagarrigue S, Duclos MJ. Pertinent plasma indicators of the ability of chickens to synthesize and store lipids. J. Anim. Sci. 2015; 93: 107-116

Plus d'informations :

Ces travaux ont été réalisés au sein des Unités INRA Pegase, URA et PRC et en collaboration avec l’IRISA et l’Agrocampus-Ouest, et financés par l’ANR (projet FatInteger, SVSE7-04-11). Ils ont également fait partie du travail de doctorat de Maëva Jégou, financé par l’INRA (Département Phase) et la Région Bretagne.