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Le microbiote qu’on a dans le nez !

L’influence du microbiote sur l’épithélium intestinal est largement démontrée mais très peu de travaux ont concerné les autres épithéliums. Une étude portant sur l’épithélium olfactif, siège de la première étape de la détection des odorants, montre que l’absence de microbiote au niveau du nez chez la souris influence le renouvellement de l’épithélium olfactif et sa réactivité aux odeurs.

. © Inra, Shutterstock
Par Sylvie André
Mis à jour le 10/05/2017
Publié le 10/05/2017

Afin d’améliorer la palatabilité de la nourriture, essentielle au contrôle de la prise alimentaire ainsi qu’au bien‐être des animaux d’élevage, il est nécessaire de mieux comprendre le rôle des fonctions sensorielles. Parmi ces fonctions, l’olfaction joue un rôle clef à la fois dans la prise alimentaire et dans la mise en place des préférences alimentaires, mais aussi dans les interactions sociales qui sont basées essentiellement sur ce sens chez la majorité des espèces d’élevage comme chez les modèles rongeurs.

Alors que l'influence du microbiote sur l’épithélium intestinal est maintenant bien connue, les relations entre microbiote au niveau nasal et épithélium olfactif ont été jusqu’à présent ignorées, bien que ces deux épithélium ait une structure similaire et que l'épithélium olfactif soit le siège de la première étape de la détection des odorants.

Une absence de microbiote avec des conséquences structurelles limitées

En étudiant le système olfactif de souris axéniques (sans microbiote), les chercheurs ont montré que cette absence de microbiote ne modifiait pas de manière drastique la structure de l’épithélium olfactif, contrairement à ce qui est observé au niveau de l’épithélium intestinal. Son épaisseur n’est pas modifiée, mais son renouvellement est ralenti. Ce phénomène est probablement en lien avec la baisse de la toxicité environnementale suite à la disparition des microorganismes habituellement présents dans la cavité nasale. De plus, chez les animaux axéniques, la couche ciliaire des neurones olfactifs où se déroule la détection des odorants est plus mince. Le système olfactif fonctionne toujours, mais différemment.

Mais des répercussions neurologiques et génomiques étonnantes

Mesurés avec un électro-olfactogramme, les signaux électriques neuronaux générés par l’arrivée des odorants sont plus intenses chez les animaux axéniques. Ce résultat est inattendu, puisque la couche ciliée où se déroule cette détection est plus mince chez ces animaux. De plus, on observe une baisse de l’expression des gènes associés à la détection des odorants chez ces mêmes animaux axéniques, ce qui devrait se traduire par une détection des odorants moins efficace.

Malgré ces paradoxes, cette étude montre clairement que le microbiote influence  le fonctionnement de l’épithélium olfactif, notamment la première étape de détection des odorants. Or, l’olfaction, fonction sensorielle majeure chez les animaux, a un impact important sur la physiologie et le comportement des animaux d’élevage : prise de nourriture et préférences alimentaires par exemple. Ces travaux ouvrent ainsi des perspectives pour mieux appréhender les différences de comportements entre individus et pour comprendre et corriger les troubles alimentaires.

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Contact(s) scientifique(s) :

Département(s) associé(s) :
Physiologie animale et systèmes d’élevage
Centre(s) associé(s) :
Jouy-en-Josas

Références

Francois, A.et al.Olfactory epithelium changes in germfree mice. Scientific reports 6, 24687, doi:10.1038/srep24687 (2016).