• Réduire le texte

    Réduire le texte
  • Rétablir taille du texte

    Rétablir taille du texte
  • Augmenter le texte

    Augmenter le texte
  • Imprimer

    Imprimer

La spectrocolorimétrie pour prouver que la viande d’agneau provient d'animaux nourris à l’herbe : faut-il une analyse par race ?

La mesure des propriétés optiques du tissu adipeux avec un spectrocolorimètre portable permet de discriminer les carcasses d’agneaux nourris avec de l’herbe de celles d’agneaux nourris avec des aliments concentrés. Ces mesures réalisables sur la chaine d’abattage montrent que la méthode est efficace pour différentes races d’agneaux.

Viande d'agneau © Sophie Prache
Mis à jour le 05/04/2019
Publié le 05/04/2019

Une authentification souhaitée du mode d’élevage

Les recherches sur l’authentification des pratiques d’élevage des animaux à partir du produit, et notamment de l’alimentation à l’herbe, ont connu un développement important ces dernières années et ce, pour plusieurs raisons. D’une part, l’alimentation à l’herbe des animaux porte des valeurs particulières pour les consommateurs pour lesquelles ils sont prêts à payer plus cher si elle est  garantie. D’autre part, les études scientifiques montrent des effets bénéfiques de l’alimentation à l’herbe des animaux sur la qualité nutritionnelle de leurs produits. Enfin, les éleveurs qui s’engagent sur des conditions spécifiques de production à travers des cahiers des charges cherchent à se protéger de contrevenants qui pourraient tirer avantage de la plus-value associée aux produits, sans respecter les contraintes du cahier des charges.

Agneaux élevés au pâturage ou en bergerie : la preuve par le spectre de réflectance du gras…

Des études précédentes ont montré que la mesure du spectre de réflectance du tissu adipeux périrénal dans le visible (SR VIS, de 400 à 700 nm) à l’abattoir, avec un spectrocolorimètre portable, permettait de discriminer avec une bonne fiabilité les carcasses d’agneaux d’herbe de celles d’agneaux de bergerie (Dian et al 2007 sur la race Limousine ; Huang et al 2015 sur la race Romane). Ces études avaient aussi mis en évidence les zones spectrales les plus discriminantes, qui correspondent notamment aux zones d’absorption de la lumière par les pigments caroténoïdes. Or, il existe des différences entre races dans le niveau de transfert des caroténoïdes de l’herbe au tissu adipeux (Macari et al 2007). Ce transfert est plus élevé pour la race Romane que pour les races Limousine et Ile-de-France. L’hypothèse était donc que cette différence entre races pouvait conduire à une différence de fiabilité de la discrimination entre agneaux engraissés à l’herbe ou en bergerie selon les races.

Les chercheurs de l’UMR Herbivores ont donc passé au crible une base de données de 1054 agneaux issus de 3 races (Romane, Ile-de-France et Limousine), produits soit à l’herbe (au pâturage), soit avec du concentré et du foin (en bergerie), sur une période de 6 ans, dans les Unités Expérimentales Herbipôle (Centre Inra Auvergne-Rhône Alpes) et Physiologie Animale de l’Orfrasière (Centre Inra Val de Loire). Le but était de savoir s’il était nécessaire de développer des bases de données spécifiques à chaque race pour pouvoir utiliser la méthode SR VIS sur le tissu adipeux périrénal pour discriminer les carcasses d’agneaux élevés au pâturage de celles d’agneaux élevés en bergerie.

                                                                                      Mesure du spectre de réflectance du gras à l'abattoir avec un spectrocolorimètre portable. © Inra, Sophie Prache
Mesure du spectre de réflectance du gras à l'abattoir avec un spectrocolorimètre portable © Inra, Sophie Prache

…qui reste fiable malgré les différences entre races dans la teneur en pigments impliqués dans les propriétés optiques du gras

La fiabilité de la discrimination entre agneaux élevés au pâturage et agneaux élevés en bergerie n’a pas été significativement modifiée lorsqu’on a regroupé les données des 3 races vs lorsqu’on a réalisé une analyse spécifique par race (93,9% vs. 95,2% d’agneaux bien classés). Cette méthode de discrimination semble donc bien pouvoir être généralisée à différentes races d’agneaux.

Bien que moins facile d’utilisation, le couplage de la spectroscopie dans le proche infra-rouge à la méthode précédente (SR VIS-PIR) permet d’augmenter encore la fiabilité de la discrimination (Dian et al 2008 ; Huang et al 2015). Les échantillons de gras des 1054 agneaux seront donc aussi analysés par la méthode SR VIS-PIR.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

Département(s) associé(s) :
Physiologie animale et systèmes d’élevage
Centre(s) associé(s) :
Auvergne - Rhône-Alpes

Références

Publication issue de ce travail

Prache S, Huang Y & Andueza D (2018). To what extent is a breed-specific database necessary to differentiate meat from pasture-fed and stall-fed lambs using visible spectroscopy? Animal, 12 :8, 1682-1689.

Autres publications citées

Dian PHM, Andueza D, Barbosa CP, Amoureux S, Jestin M, Carvalho PCF, Prado IN & Prache S (2007). Methodological developments in the use of visible reflectance spectroscopy for discriminating pasture-fed from concentrate-fed lamb carcasses. Animal 1, 1198-1208.

Dian PHM, Andueza D, Jestin M, Prado IN & Prache S (2008). Comparison of visible and near infrared reflectance spectroscopy to discriminate pasture-fed and concentrate-fed lamb carcasses. Meat Science 80, 1157-1164.

Huang Y, Andueza D, Oliveira L, Zawadzki F & Prache S (2015). Comparison of visible and near infrared reflectance spectroscopy on fat to authenticate dietary history of lambs. Animal 9, 1912-1920.

Macari S, Graulet B, Andueza D & Prache S (2017). Nitrogen stable isotope and carotenoid pigments signatures in the meat as tools to trace back the diet: comparison between two sheep breeds. Small Ruminant Research, 153, 107-113.