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Évaluation et soulagement de la douleur chez le ruminant : Intérêt d’une approche multiparamétrique

Le 16 mars 2017 à Clermont-Ferrand

Moutons en paturage.. © Inra, BOSSENNEC Jean-Marie

Marion Faure, UMRH, centre Inra Auvergne-Rhôme-Alpes, soutiendra sa thèse intitulée « Évaluation et  soulagement de la douleur chez  le ruminant: Intérêt d’une approche multiparamétrique », le 16 mars 2017 à 14 h, Inra de Theix (Amphi Jarrige).

Cette thèse est encadrée par Denys Durand (UMRH, équipe Biomarqueurs - Caraibe) et Alice de Boyer des Roches (Vet AgroSup et  UMRH équipe Caraibe).

Résumé:

La question du bien-être des animaux d’élevage et plus particulièrement celle de la douleur fait l’objet d’une attente sociétale grandissante. Cependant, que ce soit en médecine vétérinaire, en expérimentation ou en élevage, l’évaluation de la douleur chez l’animal, et par voie de conséquence de l’efficacité des traitements antalgiques, reste très complexe. Elle s’appuie principalement sur les modifications de comportement ou de paramètres physiologiques du système nerveux autonome, de l’axe hypothalamo-hypophysaire ou encore des processus inflammatoires. Néanmoins, les indicateurs généralement utilisés ne sont pas tous spécifiques d’une douleur et peuvent également indiquer un état de stress. Chez de nombreuses espèces, une approche combinant des indicateurs spécifiques de chacune des voies sollicitées dans les processus douloureux a été développée. Aucune démarche équivalente n'a été validée chez les animaux de rente.

Cette thèse conduite sur ovin et bovin avait pour objectifs : 1) de développer une approche multiparamétrique d'évaluation de la douleur adaptée aux animaux de rente, 2) de tester ses performances dans différentes situations considérées douloureuses (douleurs somatiques et/ou viscérale : mammites, castration et pose de canules digestives), et 3) sur la base de cette approche d’évaluer l'efficacité de protocoles antalgiques utilisés en élevage ou en expérimentation animale.

Nous montrons que (i) l’approche multiparamétrique est plus performante qu’une approche voie par voie, (ii) les modifications du comportement, de l’axe hypothalamo-hypophysaire et de l’inflammation discriminent des situations plus ou moins douloureuses quel que soit le type de douleur alors que les modifications liées au stress oxydant sont davantage liées aux douleurs d'origine viscérale et somatique, (iii) l’approche multiparamétrique différencie les périodes les plus critiques à prendre en charge en fonction de la douleur ressentie, et (iv) il est possible de proposer des ajustements des traitements antalgiques en utilisant les renseignements fournis par chacune des voies évaluées. En prenant en compte l'ensemble des principales voies impliquées dans les processus douloureux, l’évaluation de la douleur peut donc être plus sensible et spécifique. Néanmoins, l’approche multiparamétrique gagnera à être simplifiée et devra être validée dans d'autres situations douloureuses, notamment dans le cas de douleurs neurologiques, avant d'être proposée sur le terrain aux vétérinaires, éleveurs ou expérimentateurs.