• Réduire le texte
  • Rétablir taille du texte
  • Augmenter le texte
  • Imprimer

Conséquences zootechniques de simplifications des pratiques d’élevage de ruminants

Cette étude fait le point, à partir de résultats obtenus en stations expérimentales, sur les conséquences induites par différentes simplifications  dans la conduite d’élevage (alimentation, traite), dont  les conséquences zootechniques (ingestion, production, croissance).

Agneau Ile de France en bergerie. © BEGUEY Alain
Mis à jour le 07/03/2014
Publié le 04/03/2014

Version imprimable (pdf)

L’augmentation de la taille des troupeaux et de la productivité dans les exploitations d’élevage de ruminants au cours de la dernière décennie, se sont traduites par une forte augmentation du temps de travail de l’éleveur. Une réflexion approfondie sur l’évolution des pratiques d’élevage était donc nécessaire.La simplification des pratiques quotidiennes vise à mieux aménager ou à réduire les contraintes du travail c'est à-dire sa quantité, sa pénibilité, et son caractère répétitif. Les pratiques qui requièrent le plus de travail de la part des éleveurs sont celles qui concernent l’alimentation des animaux, plus particulièrement l’affouragement en hiver et, dans le cas des animaux laitiers, la traite. Par exemple, le travail d’astreinte d’un troupeau allaitant de 100 vaches correspond à 413 h de travail soit 19 h par semaine dont 50% pour l’alimentation. La traite biquotidienne d’un troupeau d’une cinquantaine de vaches par un seul trayeur prend environ 3 h par jour incluant le nettoyage des locaux.

L’objectif de cette étude était de faire le point, à partir de résultats obtenus en stations expérimentales, sur les conséquences induites par différentes simplifications  dans la conduite d’élevage (alimentation, traite), dont  les conséquences zootechniques (ingestion, production, croissance).

Simplification de la distribution des aliments : elle peut se faire par mécanisation (mélangeuse) de la distribution, par réduction de la préparation (mélange d'aliment), par restriction du nombre de passages. La distribution de l’alimentation hivernale par remorque mélangeuse broie partiellement les brins longs des fourrages. Cela  conduit à des niveaux d’ingestion d’autant plus élevés que les fourrages utilisés sont grossiers. La distribution séparée et à volonté d’aliments concentrés de différentes natures à des agneaux à l’engrais modifie peu les quantités et proportions moyennes ingérées et n’affecte pas la croissance. A l’inverse, la distribution d’ensilage une fois tous les deux jours ou trois fois par semaine, et l’alternance de la distribution des composants de la ration sur la semaine, sont des pratiques qui conduisent parfois à une moindre utilisation nutritive des aliments de la ration. Ces techniques devront être plutôt réservées à des animaux modérément productifs.

Diminution de la fréquence de traite des vaches laitières : La monotraite des vaches réduit la production laitière de 10 à 30 % avec un effet rémanent qui est d’autant plus important qu’elle est appliquée tôt dans la lactation et de façon prolongée. Une diminution des quantités de fourrages ingérées est observée mais uniquement 6 à 8 semaines après la mise en place de la monotraite.

L’animal, grâce à la plasticité de son comportement d’ingestion et des processus digestifs et métaboliques, peut donc s’adapter à des rythmes de distribution d’alimentation très variés sans modification des lois de réponses aux apports alimentaires. Cette capacité d’adaptation est une caractéristique forte des ruminants sur laquelle l’éleveur peut s’appuyer pour aménager son travail selon ses contraintes personnelles. En revanche, la plasticité de la lactation est moindre puisqu’une modification des conditions de traite se traduit par des conséquences sur la lactation en cours. La modification des pratiques se raisonne donc toujours au regard des capacités d’adaptation des animaux qui nécessitent d'être mieux quantifiées par les travaux de recherches à venir. Plasticité des fonctions de production et robustesse des animaux sont donc des propriétés déterminantes pour la mise en œuvre de pratiques simplifiées.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

J. AGABRIEL

INRA-UMRH

63122 St-GENES-CHAMPANELLE

Tél : 04 73 62 40 91

e-mail: Jacques.Agabriel@clermont.inra.fr

SOURCES: Agabriel J., Farrié J.P., Pottier E., Note P., Pomiès D., 2012. Conséquences zootechniques de simplifications de pratiques : exemples de la distribution des aliments et de la traite des vaches. INRA Prod. Anim., 25 (2), 141-158.

Agabriel J., Farrié J.P., Pottier E., Note P., 2012. Simplifications de l’affouragement pour les troupeaux allaitants : évaluation des pratiques et de leurs conséquences zootechniques. Rencontres Recherches Ruminants, 19, 385-392.