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Quel est l’âge optimal d’abattage des poulets de souche lourde pour un élevage durable ?

En raison d’une demande croissante en produits découpés et transformés, la tendance est à la production de poulets lourds entraînant des conséquences en terme de durabilité. Il était donc important de déterminer un âge optimal d’abattage des poulets de souche lourde pour un élevage durable.

POULET  lourd séxé de souche Ross 708 élevé au sol et agé de 43 jours. © NICOLAS Bertrand
Par Sylvie André
Mis à jour le 05/05/2014
Publié le 02/04/2014

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En raison d’une demande croissante en produits découpés et transformés, la tendance est à la production de poulets lourds. Les poulets de souche lourde ont été sélectionnés de façon intensive sur leur vitesse de croissance et leur rendement en filet mais pour ces marchés, sont abattus plus tardivement que les poulets standards. Or, les conséquences de l’augmentation de l’âge et du poids à l’abattage sur les critères de durabilité de ce type de production sont encore mal connues.

L’objectif de ce travail était d’évaluer l’impact d’un abattage à un âge variant de 35 à 63 jours sur les résultats technico-économiques de l’élevage, la qualité de la viande, le bien-être animal et l’environnement. Cinq groupes de 300 poulets mâles de souche « lourde » Ross 708 ont été élevés sur copeaux de bois, en conditions standards avec pour objectif de ne pas dépasser une densité de 34 kg/m2 à la fin de la période d’élevage. Chaque semaine un nouveau groupe de poussins juste éclos était introduit dans l’expérience, permettant ainsi un abattage simultané de poulets respectivement âgés de 35, 42, 49, 56, et 63 jours. L’analyse de la croissance, du comportement locomoteur, du bien-être, de la mortalité, des rejets, des coûts de production et de la qualité technologique, biochimique et organoleptique de la viande a été réalisée.

Entre 35 à 63 jours, le poids des poulets est multiplié par 2,5, la production de viande (filets et cuisses-pilons) par 3, la prise alimentaire quotidienne par 1,4 et la mortalité par 7,5 (passant de 0,7 à 5,2 %). Il en résulte que le gain net estimé pour l’éleveur (en € /m2) est optimal à 42 jours. Les modifications de la qualité de la carcasse sont observées essentiellement entre 35 et 56 jours. Entre 35 et 49 jours, la qualité technologique et nutritionnelle de la viande s’améliore : le pH des filets crus, leur taux de protéines et de lipides augmentent tandis que la luminance (clarté) et la perte en eau par exsudation diminuent. Cependant, l’augmentation des rejets azotés et phosphorés conduisent à la détérioration rapide de la qualité de la litière au-delà de 42 jours ce qui coïncide avec une augmentation de l’occurrence et de la sévérité des dermatites de contact et des boiteries et une diminution du confort thermique et respiratoire.

Ce travail fondé sur une analyse multicritère de la durabilité, prenant en compte des paramètres d’ordre économique, social et environnemental, conduit à recommander un âge optimal d’abattage de 42 jours pour une production de poulets lourds.

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Références

E. Baéza, C. Arnould, M. Jlali, P. Chartrin, V. Gigaud, F. Mercerand, C. Durand, K. Méteau, E. Le Bihan-Duval, C. Berri (2012) Influence of increasing slaughter age of chickens on meat quality, welfare and technical and economic results. Journal of Animal Science, 90, 2003-2013